D’où Vient La Souffrance Psychique ?

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Je ne parle pas ici de la maladie mentale qui est un diagnostic médical sérieux et dont je ne suis pas habilitée à parler. Je veux parler de l’inconfort psychique que la vie peut nous faire ressentir par moment.

Apparemment le bonheur dépend de plusieurs paramètres parmi lesquels l’environnement socioéconomique, l’entourage, et peut-être pour beaucoup la génétique. Certaines personnes semblent être plus enclines à être heureuses et d’autres semblent passer leur vie à souffrir tellement tout va de travers dans leur vie. Les coups durs, les accidents, les mauvaises nouvelles, c’est toujours pour elles. À première vue, on a l’impression de ne pouvoir rien y faire d’être soumis à un déterminisme fatal, mais est-ce bien sûr ?

Je vous invite à entrer dans la réflexion ensemble à travers quelques pistes piochées çà et là au travers de mes lectures et de ma petite expérience de la vie (la mienne et ce que j’observe autour de moi).

Vouloir changer ce qui ne peut pas l’être.

Je ne suis pas en train de vous inviter à la résignation, au contraire. Il y a des choses qui nous préoccupent, parmi elles il y a celles sur lesquelles nous pouvons agir et celles sur lesquelles nous ne pouvons rien. Ce n’est pas de la résignation, c’est un fait. Il y a une « prière » connue qui dit : « Seigneur, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer les choses que je peux. Et la sagesse d’en faire la différence. » Ce mantra est souvent utilisé par les proches des personnes souffrant d’alcoolisme pour les éviter d’être codépendantes. Nous voulons nous occuper de tout, et avoir un impact sur tout. Nous consacrons beaucoup de temps et d’argent pour modifier notre apparence, nous sommes brun et nous voulons être blond, nous sommes petit et nous voulons être grand, nous n’avons pas beaucoup d’argent et nous voulons acheter tout ce que nous voyons, nous sommes vieux et nous voulons être jeune, la liste est interminable. Tous ces efforts pour changer ce qui est, coûtent beaucoup d’énergie et causent de la souffrance psychique car notre cerveau fonctionne sur le mode du manque ou de l’absence, ce qui est déplaisant et douloureux. Dans un précédent article je vous invitais à simplifier votre vie dans différents aspects. Mais globalement, il s’agit de faire le tri entre ce qu’on peut changer et ce qui ne peut pas l’être. Nous nous évertuons aussi à changer les personnes de notre entourage, nos collègues, nos enfants, notre conjoint, nos parents. Ils sont comme ils sont, nous n’y pouvons rien. Nous pouvons en revanche apprendre à vivre avec notre configuration de base, avec les caractères des uns et des autres, et si une situation ne nous convient pas, c’est à notre charge de chercher les moyens d’en sortir. Cela n’empêche aucunement de chercher à s’améliorer si on le souhaite et d’aspirer à une vie meilleure. Je constate simplement que les personnes les plus heureuses et les plus épanouies sont celles qui s’acceptent avec leurs qualités et leurs défauts, qui cherchent des manières de s’adapter à la vie et qui ne se battent pas avec des paramètres qu’elles ne peuvent pas contrôler. Qu’est-ce qui dans ma vie appartient à mon cercle d’influence (je peux le changer), et qu’est-ce qui ne dépend pas de moi (je n’y peux rien) ? Se poser cette question permet, à mon avis, d’éviter de souffrir inutilement.

Ruminer le passé et vivre dans la nostalgie.

Nous sommes des êtres de mémoire, et nous aimons entretenir des souvenirs, nous prenons des photos, gardons des objets qui nous rappellent nos voyages, les personnes connues. Tout ceci contribue à garder des liens avec nos amis, nos familles, à avoir une trace de notre vécu et c’est très bien. Le problème c’est que parmi ces choses il y en a peut-être qui sont obsolètes, appartiennent à une autre époque où nous en avions besoin, mais ne s’appliquent plus aujourd’hui. C’est notamment le cas des sentiments négatifs, les regrets, les remords, la nostalgie que beaucoup d’entre nous traînons, et qui nous empêchent de profiter pleinement du moment présent et de ceux qui sont présents. On n’a pas fait le deuil d’une personne disparue, on n’arrive pas à oublier une période de sa vie où on était plus heureux, on ne parvient pas à oublier un ex, etc., autant de choses qui peuvent nous retenir en arrière et nous laisser un goût amère, ôtant toute saveur à la vie. Quelles sont les choses de mon passé que je veux garder ? Est-ce que mes vieux mécanismes de défense me servent toujours aujourd’hui ? Le passé est notre allié, à condition qu’il serve de tremplin et non pas de boulet.

Être rigide.

Souvent nous faisons des plans, nous prévoyons la manière dont les choses devraient se passer afin d’être préparés. Lorsque les événements ne se déroulent pas exactement comme prévu, beaucoup d’entre nous se braquent et perdent toute capacité à retrouver un fonctionnement normal. On s’entête à vouloir absolument que les choses se passent telles qu’on l’avait prévu et sinon, la journée est « fichue », « ça commence mal« . Selon notre capacité à être rapidement résilient ou pas nous restons figés et nous ne savons pas comment rebondir. C’est aussi le fait d’exiger que les tâches soient faites d’une manière et pas d’une autre, qu’il faut manger à telle heure et pas plus tard, tel aliment et pas tel autre, etc., toutes ces choses sur lesquelles on est intransigeant avec nous-mêmes et avec les autres et qui occasionnent de la frustration lorsqu’il y a un grain de sable. Rester souple permet de réfléchir à la manière adéquate de repartir de là où ça a bloqué et d’accepter que les choses se passent autrement, accepter d’être surpris et accueillir l’imprévu qui n’est pas toujours synonyme de catastrophe.

Employer un langage catastrophiste.

Directement lié au point précédent, la manière dont nous parlons de nous et des situations conditionne la manière dont nous les vivons. Les spécialistes appellent cela les prophéties au-réalisatrices. Vous n’avez jamais entendu quelqu’un qui vous dit « tu vas voir ça va encore tomber sur moi » et puis … surprise, ça tombe sur lui ! Coïncidence ? La personne a créé sa propre réalité. Idem celui qui dit « je trouve toujours une place qui se libère quand j’arrive« , comme par magie, c’est ce qui se passe effectivement. Lorsque nous traversons une période difficile, le langage que nous employons pour en parler a une grande importance. Des mots comme « c‘est horrible, c’est terrible, je suis au bout de ma vie, etc. », rendent la situation effectivement « horrible, terrible ». D’après les neurosciences, notre cerveau ne fait pas la distinction entre ce qu’il vit réellement et ce qu’on imagine. Donc quand on lui dit « c’est horrible », lui il sécrète les hormones qui doivent répondre à cet état à savoir l’adrénaline, le cortisol, qui vont nous permettre soit de prendre la fuite, soit d’attaquer, plongeant ainsi notre corps dans le stress. La souffrance n’est pas loin. Quand nous traversons des difficultés, nous devons rester attentifs à notre langage, de même que notre posture physique. Se tenir avachi, les bras croisés, le front plissé, entretient la morosité et la douleur. En revanche avoir une posture d’ouverture, et même esquisser un sourire peut aider à se sentir mieux. C’est une bonne raison pour se tenir droit et d’écarter les bras régulièrement pour accueillir la vie.

Se comparer aux autres.

Le grand fléau de notre société actuelle est la facilité avec laquelle on a accès à la vie des autres, nous disposons de nombreux outils pour retoucher les photos, afficher notre quotidien, ou en tout cas ce qu’on choisit d’en montrer. Les nouveaux réseaux sociaux sont le théâtre par excellence de l’exposition de sa vie. Des études récentes démontrent que les jeunes qui fréquentent régulièrement les réseaux sociaux ont tendance à avoir une faible estime d’eux-mêmes car leur vie ne ressemble pas à celle que les autres présentent, et cela les déprime. Ce phénomène ne touche pas que les jeunes, être constamment exposé aux images de corps parfaitement retouchés alors que l’on n’aime pas son corps, voir les photos de vacances des uns et des autres si on ne peut pas soi-même s’offrir des vacances peut être déprimant. Car on se compare aux autres en trouvant leur vie plus excitante et la nôtre bien morne. Il est assez facile de voir que cela occasionne de la souffrance et de l’insatisfaction. Prendre du recul face à ces outils, et ne pas se comparer allège l’esprit et permet d’avancer vers la voie de l’acceptation.

Tout prendre à cœur.

Les degrés de susceptibilité varient d’une personne à l’autre. Lorsque nous prenons tout ce que les gens nous disent trop personnellement, cela peut-être le signe que nous avons besoin de renforcer notre estime de nous-mêmes. Il y a des personnes qui se sentent facilement jugées, critiquées et qui passent beaucoup de temps à analyser le discours des personnes avec qui elles parlent pour « lire entre les lignes », interpréter, trouver des preuves que l’autre a voulu dire autre chose que ce qu’il a dit. Vous voyez un peu ce que ça peut créer comme tension dans le psychisme. Pour atténuer les conséquences néfastes de ce processus, il peut être intéressant de reconnaître dans un premier temps qu’on est particulièrement sensible. Il faut s’écouter pour observer les circonstances qui sont le plus susceptibles de nous affecter, les personnes avec qui cela arrive le plus souvent, et quels sont les sujets auxquels nous sommes le plus sensibles. Ensuite il faut prendre chaque élément séparément et remettre les choses dans leur contexte. Si on a tendance à interpréter les propos d’une personne, on peut prendre l’habitude de lui demander de clarifier son propos avant de réagir, on peut reformuler « si j’ai bien compris, tu veux dire que … ». S’entraîner à voir que tout est relatif permet de prendre du recul face aux choses et de s’apaiser en se disant que de toutes manières, nous sommes de passage sur cette terre.

Je suis convaincue que nous avons le pouvoir de réduire nos souffrances psychiques par nous-mêmes avec de l’entraînement et la mise en place de petites stratégies. Si vraiment cela devient nécessaire, la consultation d’un spécialiste de la santé mentale peut être une bonne option. Nous méritons de prendre soin de nous. J’aimerais avoir votre avis sur la question.  Quelles sont selon vous les choses qui nous font souffrir ?

Prenons soin de nous.

À bientôt !

9 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Kae Browneyes dit :

    la norme et le conformisme… « un fonctionnement normal » comme vous dites, ça c’est synonyme de souffrance (pour moi du moins!)

    Aimé par 1 personne

    1. Monaminga dit :

      Merci Kae pour votre passage par ici 🙂 vous voulez bien développer un peu plus ?

      J'aime

  2. Miss Debby dit :

    Coucou Monaminga,

    Comment te donner tort… Pour répondre à ta question, selon moi, ce qui nous fait souffrir de nos jours c’est cette société qui cultive l’egocentrisme! Une société basée sur le « mauvais partage », partage de la vie privée sur les réseaux sociaux, qui a, bien souvent, plus pour but de renforcer notre ego plutôt que de « partager » une expérience avec autrui pour obtenir un échange ou donner un conseil bienveillant… Finalement, tels des robots, les personnes se voient courir après des likes pour satisfaire leur vanité.
    Je te parle ce ça car j’ai atterri sur les réseaux sociaux il n’y a pas très longtemps et j’ai pu faire ce constat consternant. Insta c’est une « jungle » comme j’aime le dire, bien qu’on y fasse quelque belles rencontres.

    Et si je dois te répondre plus personnellement, ce qui me fait souffrir au quotidien c’est le fait de prendre tout à coeur… un trait de caractère difficile à gommer et qui ,pourtant, met bien souvent des bâtons dans les roues.

    Merci pour ton article,
    À bientôt
    Déborah

    Aimé par 1 personne

    1. Monaminga dit :

      Merci beaucoup, j’adore le fait que tu aies pris le temps de détailler ta réponse. Je te comprends parfaitement, et d’ailleurs concernant les réseaux sociaux, j’en fais une utilisation très limitée, je n’ai jamais été sur Instagram ni Twitter, ni SnapChat et toute autre plateforme d’exhibition et d’auto-promotion dans le mauvais sens du terme, bien que j’en connaisse l’existence. Sans jamais y avoir été, je perçois bien ce qui s’y joue et la souffrance que l’invisibilité ou l’impopularité peut engendrer. Je crois que c’est pour moi une façon de me préserver par la même occasion. Une autre blogueuse faisait état de cette souffrance engendrée par un nombre moins important de « like » d’une photo postée à l’autre et de se demander ce que cela nous apportait réellement.

      J’ai fait le choix de ne pas promouvoir mon blog sur les réseaux sociaux hormis une page sur Facebook. Je voulais aussi me lancer le défi d’être visible sur le Net aujourd’hui sans passer par cette jungle comme tu le dis si bien. Je n’ai pas l’ambition de devenir une vedette sur la toile, alors mon petit espace ici me convient très bien.

      Pour répondre au fait que tu prends les choses à cœur, c’est au départ la preuve que tu es un être doué de sensibilité, qui recherche la vraie connexion avec les autres. Quelques fois je me demande si le fait de prendre les choses à cœur est seulement une mauvaise chose. Je veux dire par là qu’il y a une telle tendance à banaliser la méchanceté que ça en devient consternant. Par exemple je ne me sentirai jamais coupable de me vexer lorsqu’on me parle mal, en me manquant de respect, ou que l’on s’adresse à moi avec des mots doux du genre « t’es conne », « quelle conasse », même sur le ton de la rigolade. Je ne trouve pas cela drôle, et alors oui, dans ce cas je le prends à cœur. En revanche, une personne qui s’en prend à moi, qui me critique, qui me juge, qui me regarde de travers, si je suis au clair avec moi-même et selon la situation, je décide d’y réagir ou de laisser couler.
      Est-ce que tu arrives à identifier ce que tu prends à cœur et dans quelles circonstances ? Quelques fois on est juste fatiguée et à fleur de peau à cause des règles (lol) 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Miss Debby dit :

        Pour les réseaux sociaux, je pense que j’ai une carapace… j’en ai rapidement compris le fonctionnement et ça ne me touche plus.

        Pour ce qui est de prendre à cœur, oui, au fil des années je commence à savoir ce qui va m’agacer. Les réflexions non constructives de mon entourage, qui bien souvent proviennent d’un cruel manque d’intelligence mais se traduisent par de la méchanceté gratuite.

        Comment la première chose qu’on dit à une personne en la voyant peut-être « Olala mais tu as grossi toi!!»?

        Personnellement, ça ne me viendrait pas à l’esprit!

        Ou encore entendre pendant la grossesse « Être enceinte ce n’est pas une maladie! » Ça me glace le sang rien que de l’écrire…

        Le poids du jugement des autres est lourd à porter. En fonction de qui me fait la réflexion, je vais sûr réagir et passer pour la méchante, mais trop c’est trop!

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      2. Monaminga dit :

        c’est vrai que les réflexions venant de la famille ont le chic de nous blesser très fort. Un inconnu pourrait nous dire les mêmes choses qu’on s’en foutrait mais avec les proches c’est plus compliqué.
        L’indifférence dans ces cas est une arme intéressante 😉

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      3. Miss Debby dit :

        Mon arme est plus radicale, j’évite de côtoyer certaines personnes ou tout au moins je limite les rencontres ☺️ Bon week-end à toi 💋

        Aimé par 1 personne

      4. Monaminga dit :

        Ça peut être nécessaire et même salvateur !

        Aimé par 1 personne

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